December 5, 2020

Black and Racialized Anarchists on the May 31st Demonstration

Black and Racialized Anarchists on the May 31st Demonstration

From CONTREPOINTS.MEDIA

Black and racialized anarchists on the May 31st demonstration for victims of police racism in Tio’tia:ke/Montreal; 9 recommendations for moving forward:

1. Nothing justifies police violence; whether we’re on a morning jog, using a counterfeit $20 bill, or breaking a jewelry store window. What the colonial state determines as crimes are often attempts at escaping poverty and systemic violence, or the result of these two things. We advocate for a restorative justice centered on the needs and experiences of victims, not a punitive justice centered on the needs of commerce and state control. Those who partake in protests while reproducing the discourse of the dominant class and playing police are doing the oppressors’ work.

2. We advocate for the removal of police forces, because even when they aren’t murdering Black and Indigenous people in broad daylight, they still maintain a social order modeled on capitalism and white supremacy. It’s cops who prevent homeless people from sleeping in empty condos, who kick poor families out onto the street when they can’t afford rent, and who beat up hungry migrants looking for a free meal in a billionaire-owned chain grocery store.

3. It’s up to us and our communities to develop autonomous mutual aid mechanisms that render police obsolete. This starts with having conversations with our neighbours, offering help when needed, or by learning how to support eachother during mental health crises.

4. Political vandalism is to be understood and violence against material property is a legitimate response to the violence committed by people in power. Every storefront window represents a barrier between us and a world inaccessible to us. They represent an urban landscape constructed to uphold an economic system that prevents us from sufficiently housing and feeding ourselves without spending most of our waking hours working. Graffiti and burning luxury cars mark a needed break in the daily, invisible, normalized state violence.

5. To those saying Black and racialized people are paying the price of violent revolt, we reply that we’re paying the price of daily life without violent revolt. A historical analysis of liberation movements can only highlight the necessity of a reversal of the balance of power, embodied by the threat of permanent insurrection. If pleading and begging for mercy was enough to make our oppressors consider our well-being, we would have stopped feeling the pressure of their knee on our necks a while ago.

6. To selectively read and amplify the discourse of moderate, depoliticized, and bourgeois Black people is an insidious form of racism that allows non-Black people to comfortably perform their allyship without jeopardizing their privileges. White people who truly care for our lives should read texts by Black revolutionaries and get educated on decolonial and anarchist ideologies.

7. The mainstream media and police discourse around last Sunday’s vandalism being an adventure separate from the otherwise docile protest isn’t based in an understanding of our motives. It’s simply a strategic discourse meant to weaken our movements. Their deepest fear is that we realize how insurrection isn’t the domain of a few specialized groups but rather the materialization of popular anger — and in turn realize that we can recreate May 31st anywhere, anytime, and with anyone.

8. The idea that only “white anarchists” participated in Sunday’s revolt is insulting to Black, Indigenous, and other racialized protesters who risked it all. Whoever said that must not have stuck around for very long. After the second and third waves of tear gassing, the majority of white marchers had gone home, leaving behind crowds of mostly Black protesters east and west of Saint-Urbain. In any case, all accomplices fighting alongside us are appreciated, more so than those of us reproducing police behavior or who are only concerned with keeping up with the Joneses of the white world — a world that suffocates us. Their success is a testimony of individual perseverance but never of a collective victory. We fight for an entirely different world.

9. Finally, when we chant “no justice, no peace”, we literally mean it. We want to bother those who can usually afford to live their lives oblivious to our pain. Last Sunday, as we were running to the rhythmic clanking of construction signs bouncing off the pavement and to the sound of glass shattering, it felt for a moment like those satisfied with the prevailing order wouldn’t be able to ignore us. No justice? Then no peace.

French language:

1. Rien ne justifie la violence policière; qu’on fasse un jogging matinal, qu’on falsifie un billet de vingt ou qu’on brise les vitrines d’une bijouterie. Ce que l’état colonial détermine comme des crimes sont souvent des tentatives d’échapper à la pauvreté et aux violences systémiques ou alors le résultat de ces dernières. Nous prônons une justice réparatrice centrée sur les besoins et l’expérience des victimes, pas une justice punitive centrée sur des besoins commerciaux et étatiques. Celleux qui participent aux manifestations en reproduisant le discours de la classe dominante et en jouant à la police font le travail des oppresseurs.

2. Nous prônons la destitution de la police, car même quand elle n’assassine pas des personnes Noires et Autochtones en plein jour, elle maintient l’ordre social du capitalisme et de la suprématie blanche. Ce sont les policiers qui empêchent les personnes sans logement de dormir dans des condos vides, qui jettent à la rue les familles qui ne peuvent pas payer leur loyer exorbitant ou qui matraquent des migrantEs affaméEs cherchant un repas gratuit dans une chaîne d’épicerie possédée par des milliardaires.

3. C’est à nous et à nos communautés de développer des modes d’entraide autonomes qui rendraient la police obsolète. Ceci commence notamment par parler à nos voisinEs pour leur proposer notre assistance s’iels en ont besoin ou par apprendre et s’enseigner comment réagir quand nos proches sont aux prises avec une crise de santé mentale.

4. Le vandalisme politique gagne à être compris et la violence contre la propriété privée et matérielle est moralement justifiée face aux violences du pouvoir. Chaque vitrine représente une barrière entre nous et un monde qui nous est inaccessible. Elles représentent un paysage urbain construit pour subvenir aux besoins d’une économie qui nous empêche de nous loger et de nous nourrir décemment sans passer la majeure partie de nos journées à travailler. Les graffitis et les voitures de luxe qui brûlent marquent une interruption nécessaire de la violence normalisée et invisible du quotidien.

5. À celleux qui disent que les personnes Noires et racisées payent le prix de la révolte violente, nous répondons que nous payons le prix de chaque journée sans révolte violente. Une analyse historique des mouvements de libération témoigne de la nécessité d’un revirement de la balance de pouvoir, incarnée par la menace d’une insurrection permanente. Si nos pleurs suffisaient à ce que nos oppresseurs nous laissent vivre, nous ne sentirions plus la pression de leur genou sur notre gorge depuis bien longtemps.

6. L’écoute et l’amplification sélective des discours des personnes Noires modérées, dépolitisées ou bourgeoises est une forme de racisme insidieuse permettant aux personnes non-NoirEs de performer un role d’alliéE confortable sans mettre en péril leurs privilèges. Les personnes blanches qui se préoccupent réellement de nos vies gagneraient à lire les révolutionnaires NoirEs et à s’informer sur les idéologies anarchistes et décoloniales radicales.

7. Le discours médiatique et policier voulant que le vandalisme de dimanche soir était une aventure séparée du reste de la manifestation docile n’est pas basé dans la connaissance de nos motifs. C’est un discours stratégique visant à affaiblir nos mouvements. Leur plus grande peur, c’est de nous voir réaliser que l’insurrection n’est pas l’objet de quelques groupes spécialisés mais plutôt la manifestation d’une colère populaire — puis qu’on se sache capables de recréer le 31 mai n’importe où, n’importe quand et avec n’importe qui.

8. Le discours voulant que seuls les ” anarchistes blancs » ont participé à la révolte de dimanche est insultant aux manifestantEs NoirEs, Autochtones, et raciséEs qui ont tout risqué. Quiconque a affirmé cela ne nous a probablement pas accompagné dans la rue très longtemps passés les premiers coups de feu policiers. Après les deuxièmes et troisièmes rondes de lacrymogènes, la plupart des personnes blanchEs étaient parties en laissant derrière elles une foule de manifestantEs majoritairement NoirEs à l’est et à l’ouest de Saint-Urbain. De toute façon, les complices qui se battent à nos côtés sont touTEs appréciéEs, bien plus que celleux d’entre nous qui reproduisent des comportements policiers ou qui ne cherchent qu’à keep up with the Joneses dans le monde blanc — un monde qui nous étouffe. Leur réussite est un gage de persévérance individuelle mais jamais une victoire collective. Nous nous battons pour un monde entièrement différent.

9. Finalement, quand on crie ” no justice, no peace », on le pense vraiment. On veut que les personnes qui peuvent habituellement se permettre d’exister dans l’ignorance de nos souffrances soient importunées. La nuit de dimanche dernier, alors qu’on courrait au son rythmé des éclats de vitrines et des matériaux de constructions rebondissants sur l’asphalte, on a eu l’impression pour un moment qu’on n’allait pas être ignoréEs. Pas de justice? Donc pas de paix.

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